Deux routes pour le même golfe
Quatre-vingt-cinq kilomètres, quatre-vingts minutes : c’est le temps par l’autoroute, celui que retient la grille. Il existe une seconde route, et elle est nommée par l’office de tourisme Estérel Côte d’Azur : la Corniche d’Or, qui relie le Var et les Alpes-Maritimes sur trente kilomètres, le long de la mer et en surplomb des criques, achevée en 1903 et reliant Saint-Raphaël à Cannes.
Nous ne prétendons pas qu’elle est plus rapide. Elle ne l’est pas. Elle est proposée quand le client préfère voir le massif de l’Estérel plutôt que gagner dix minutes, ou quand l’autoroute est annoncée bloquée et que la comparaison change.
Ce que nous ne publierons pas : un numéro de route pour cette corniche. La page officielle qui la décrit n’en donne aucun, plusieurs sources secondaires se contredisent, et un numéro faux dans une consigne d’itinéraire est pire qu’une absence de numéro.
Le carrefour de La Foux, sans chiffre inventé
Toutes les voies du golfe convergent au carrefour de La Foux, sur la commune de Gassin. C’est là que la RD98a se détache vers Saint-Tropez, et c’est le point que la presse régionale décrit comme rarement fluide. Un projet de contournement est évoqué depuis une trentaine d’années.
Nous nous arrêtons là, volontairement. Aucun article ouvert ne donne de temps de parcours, aucun comptage officiel n’a été trouvé, et la promesse d’un retard chiffré serait invérifiable. Ce que nous savons faire, c’est décaler l’heure de départ pour ne pas y arriver au pire moment, et le dire avant la course plutôt qu’après.
L’alternative maritime existe et elle est officielle : la navette entre Sainte-Maxime et Saint-Tropez est annoncée en quinze minutes par son exploitant, avec des billets vendus au guichet et non en ligne. En pleine saison, elle vaut d’être posée sur la table.
Quatre-vingts minutes, et l’été qui change tout
Un détail réglementaire dit mieux que n’importe quel adjectif ce que devient la presqu’île en été : du 14 juillet au 31 août, la ville impose l’arrêt total des travaux et le démontage des grues. Une commune ne prend pas cette mesure pour le confort visuel. Elle la prend parce que la circulation ne supporte plus rien.
Sur ce trajet, cela se traduit par deux règles simples. La première : quatre-vingts minutes sont un temps de mai ou d’octobre, pas un temps du 15 août. La seconde : l’heure de dépose se décide en fonction du dispositif municipal en vigueur à l’arrivée, qui restreint la circulation des véhicules de transport payant sur certaines voies en soirée.
Le forfait, lui, ne bouge pas. Deux cent quatre-vingts euros en berline, trois cent trente en van, péages et parking compris, confirmés à la réservation, quelle que soit la durée réelle du trajet.